Ouli Pat

Très belle rencontre avec cette grande styliste du nom de Ouli Patricia qui nous fait découvrir  son univers de pagne tissé wê.

1- Mlle Ouli Pat, le mélange de pagne tissé et d’autres matières pour la confection de prêt à porter, une longue histoire d’amour ? 

Oui exactement, c’est une longue histoire d’amour qui dure depuis 4 ans aujourd’hui. Je pense que les gens n’ont pas la même vision  parce que le pagne tissé ne se portait pas comme aujourd’hui. Avant il était porté très traditionnellement. Et moi j’ai modernisé cette manière de s’habiller. Je pense que les gens apprécient et tout le monde se retrouve aujourd’hui.

2-Comment se passe la collaboration avec ses tisserands ? 

La collaboration se passe très bien. Depuis 2013, j’ai commencé la toute 1 ère édition du YORODEHE  qui a mis en avant le pagne tissé ivoirien africain.  Et depuis lors, j’ai gardé un très bon contact avec ses tisserands du côté de Man et Yamoussoukro. Pour la 3 ème édition, je les ai déplacé jusqu’à Abidjan pour permettre aux gens de les voir entrain de tisser les pagnes.  C’est vrai que tout le monde n’a pas l’opportunité d’aller jusqu’au village dans le fond de la région pour voir vraiment les tisserands. 

3-En travaillant avec les pagnes tissés, est ce que vous ne vous faites pas une restriction au niveau de vos creations ? 

Non pas du tout. Bien avant de valoriser le pagne tissé, j’ai travaillé avec Uniwax. C’est pas que je suis typiquement pagne tissé. c’est vrai que c’était  une particularité,  un choix pour moi.  N’empêche que je fais des robes de mariée qui n’ont rien à voir avec le pagne tissé. Je travaille avec la soie,  le satin, la gupure , le jean etc… Le pagne tissé a été juste pour me démarquer un peu de tout le monde. Cela a été un choix de valoriser le pagne tissé car nous avons de belles choses en Afrique. 

4-D’ou tirez vous vos inspirations pour ces belles creations ? 

Je dirai déjà pour la formation que j’ai reçu.  Je dis toujours un créateur a besoin de formation. Il faut vraiment faire une école de couture pour avoir la base. Sans la base, on se perd après. On a tendance à copier l’autre. Tout ça je tire de ma base qui a été l’école de couture qui m’a permis d’être celle que je suis. Surtout en styliste modéliste, ça m’a permis d’apprendre tout ce qui est dessin,  l’harmonisation des couleurs etc… Ça m’a appris beaucoup et aujourd’hui je pense que c’est ce que je met en pratique.

5-Vous avez crée le YORODEHE, de quoi s’agit–il ? 

Le YORODEHE, c’est juste un concept, un événement de mode créé en 2013. Je l’ai créé sur la base de valoriser le pagne tissé wê qui n’est pas assez connu par rapport au pagne tissé baoulé. Et faire connaître l’ouest de la Côte d’Ivoire à travers le pagne tissé wê. Comme je suis de la région, je me disais « qu’est ce qu’il faut faire pour faire connaître ma région ? « . Il y’a vraiment de belles choses. En plus les tisserands ont besoin des jeunes pour pouvoir travailler. C’est un peu ça l’idée de la toute 1 ère édition du YORODEHE .  Sur la base de pouvoir donner du travail à ces jeunes après la crise.  L’ouest de la Côte d’ivoire est plus belle que jamais. 

6-Le YORODEHE a t-il une signification particulière ? 

Un nouveau soleil. YORO qui signifie « le Soleil » et DEHE  « le jour ». Un nouveau soleil dans tout le compartiment culturel. 

7-A quand la prochaine edition du YORODEHE ? 

Je me prépare déjà pour la 4 ème édition qui se déroulera pendant les jeux de la francophonie en Côte d’ivoire en 2017 .

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